samedi 22 juillet 2017

22 juillet 2017 : Entre Breivik et la blague...



22 juillet 2017 : Entre Breivik et la blague... 



         Le démantèlement de toutes les institutions structurant l'Esprit Objectif du peuple français conduit les individus à s'installer -à demeure- dans l'imposture. En effet, aucune activité humaine, quelle qu'elle soit, n'est jamais sauve des formes éthiques et des principes directeurs qui régulent et ordonnent son existence historique. Comme il n'y a pas de langage privé, il n'y a ni sanctuaire sémantique personnel, ni château isolé, ni jardin secret qui ne soit en définitive autre chose que le contrepoint nécessaire que se donne l'Esprit du monde pour authentifier contradictoirement, dans la sphère intime qui le réfléchit et qu'il se donne à lui-même, sa propre nature. Or, ici et maintenant, toutes les formes traditionnelles du sens ont été kidnappées, détruites ou dérobées, et leur persistance de façade rend d'autant plus spectaculaire la laideur mensongère qui les habite.
         Aller communier ? :-) Alors que le Pape François promeut une idéologie humanitariste qui n'entretient plus de relation que nominale au message du Christ ? Que le mystère de sang, de souffrance et d'or se peinturlure de robes à ramages pastel et ne se porte plus qu'à voix flutées de tafioles frustrées ou de petites merdes à raies sur le côté ? Se marier ? :-)) Alors que le législateur a subverti le sens de l'union civilisée de l'homme et de la femme en la ravalant au rang de simple droit à créance - plaçant ainsi à l'horizontale l'arbre de vie des générations ? S'engager dans l'armée ? :-))) Alors que la vocation des Gardiens, bafouée, ne consiste plus qu'en la soumission de facto aux impératifs de la technoligarchie mondialisée ? Ecrire ? :-)))) Alors que l'abîme hypertextuel ravale tout dans sa Babylone de non-sens ? Chanter ? :-D Alors que toute production artistique, toute œuvre, ne peut au mieux être reçue que comme la gerbe technicolore d'une subjectivité autolâtre et, le plus souvent, que comme un coup marketing plus ou moins adroit ?... On pourrait aisément ajouter des touches au tableau compagnon. Et à chaque fois, le constat serait le même : en indexant le sens de l'existence aux désidérata de l'individu, lui octroyant ainsi par un jeu de dupe la liberté de croire, faire, agir, comme il l'entend, on le place dans une situation où tout ce qu'il entreprend de dire, produire et penser est d'emblée frappé du sceau de l'ineptie intégrale. Les structures de l'empire technique, de la machination totalisatrice de la présence, n'ont pour seul index sémantique que la calculabilité, la scénarisation numérique et la substituabilité. Tout ce qui exhausse l'homme au-delà de ses appétits animaux, par la discipline civilisationnelle, a été, soit complètement détruit, soit subverti, soit -lorsque c'est indestructible, comme l'évidence de la couleur de peau par exemple- nié, au moyen de procédures d'hypnose de masse qui convainquent les hommes qu'ils ne voient pas ce qu'ils voient et plus largement, qu'ils n'éprouvent pas ce qu'ils éprouvent. Il faut donc bien le dire simplement : à l'heure où la vie n'est plus que l'auto-déploiement insignifiant d'un chaos particulaire, seulement cadré par une licence d'utilisation Microsoft, aucune activité civilisée historique ne peut plus faire sens, condamnée qu'elle est, a priori, à ne devenir que le hobby plus ou moins snob, d'une micro-classe de renégats qui, à tort, et contre toute raison, pensent qu'ils valent mieux et plus que leur temps... Oui mais voilà compagnon : on ne vaut jamais plus que l'Esprit Objectif de son ère, même lorsque ce dernier consiste, en une volte insensée, en la négation -par l'acte ou du moins l'intention- de tout ce qui a fait objectivement l'Esprit des hommes... Siddhârta peut bien rester dans son château s'il a du fric. Se faire son petit repaire en Gascogne ou à Malibu, il faudra bien qu'il en sorte à coups de police des mœurs ou de Toufik (doctorant bien intentionné, réfugié climatique T.M). Et lorsque Siddhârta se retournera sur les ruines de son monastère, il verra qu'il demeurait, lui aussi -lui comme les autres, comme tous les autres- dans une niche agréée ISO 4012 ; une alvéole de plus dans la ruche sans fin. Son Eveil lui révèlera seulement la petitesse de son arrogance, la nullité de ses ambitions et le mensonge de vérités trépassées car non plus soutenues par l'ordre des choses, mais portées à bout de bras par des cas rendus psychiatriques à force de révolte vaine.
         Va donc prier dans la Nef malappris ! Entre les prospectus pour aider le Liberia, l'homélie sur les prochaines élections et le labo d'en face qui crée des chimères bio-numériques dont même les Grecs n'auraient pas pu imaginer l'existence ; va, c'est ton choix. Et ton choix ne vaut rien... Smack ! Va écrire ton chef d'œuvre jeune écrivain ! Si tu arrives à faire croire que ton patronyme sud-américain et ton goût pour le transgenre font de toi un littérateur d'avant-garde, tu auras sans doute la joie d'être relu par une stagiaire DESS (métiers de l'édition) et qui sait ? Peut-être même que t'auras un article élogieux dans le Journal littéraire de Célestin Fils-de-pute... Tu gagneras peut-être même un peu de blé. My ! Va donc, jeune patriote, va t'engager dans l'armée ! On t'enverra faire la guerre à des inconnus à l'autre bout du monde pendant que ta fille se fera violer, dans ta ville natale, par des types venus d'un autre monde - au bout de la rue. Bitch ! Va donc, jeune révoltée, t'engager dans un parti audacieusement patriote ! S'il a droit de cité, c'est qu'il ment, et s'il dit la vérité, c'est qu'il a déjà été dissout. Up ! Va donc jeune païen, va prier des divinités dont tu ne sais pas la langue, dont les symboles sont des fossiles ou des patchs sur un Bombers et qui se taisent depuis 5000 ans... Allez, va.
Va !
Auto-innocente-toi de toute cette merde.
De toute façon, à la fin, la claque sera la même :
POW !
SMACK MY BITCH UP !

         Tu sais, je ne t'en veux pas de t'accrocher aux branches compagnon... Vu que ma destination naturelle, dans l'absolu, serait de composer des rondos au clair de lune, j'ai dû faire un sacré parcours pour arriver jusqu'ici. Mais ces branches, tu vois... Ces branches. J'ai quand même une vague pitié à l'idée que tu puisses ne pas voir qu'elles sont faites en matière plastique et siglées U.E, W.W.F, Google, Apple, Mamadou-partout et islam compatible (insérer ici emoji femme voilée)... Alors laisse-toi faire maintenant. Plutôt le sens plus crade que l'illusion la plus douce. Je te la refais sous un autre angle du canon scié :
         La technoligarchie planétaire insensée, qui est l'Esprit Objectif de ce Temps, n'est pas un "projet politique" au sens classique, et qui aurait seulement la spécificité de disposer des moyens de contrôle les plus puissants de l'Histoire. Elle est encore moins un projet porté par une "communauté" quelle qu'elle soit puisque par définition, elle atomise toute filiation traditionnelle. De Kandahar à Buenos Aires, tout le monde se fait niquer, tu comprends ? Tout le monde. La technoligarchie planétaire, c'est le rejeton monstrueux du génie occidental, et c'est une I.A qui s'auto-déploie en faisant de l'homme déstructuré la médiation vers un état d'organisation dont aucun de nos repères anciens ne permet de comprendre le sens mais dont seul l'ENFER soit comme métaphore, soit comme vérité révélée, permet de saisir le contenu. La technoligarchie est un des bords de l'Histoire, et ce bord est indéfini... La fin est sans fin, c'est son petit secret.
A demeure, nous pourrons rester à parcourir sa ligne, jusqu'à complète disparition de l'incident "humanité" dans un état nouveau dont nous ne savons, ici et maintenant, probablement rien.
         Il faut donc le dire clairement et c'est la seule conclusion possible : entre Breivik, l'attentat spéculatif trash-pop et la blague, il n'y a rien.
Entre la sidération du massacre et le sarcasme halluciné, il n'y a rien - absolument rien d'autre- que l'IMPOSTURE. Les cent-mille-milliards de médiations d'un certain art -constant- de laisser-faire le mal, donc de lui dire "oui"...
Choisis ton bord compagnon.



*                 *                 *



PS : ici ou là des remarques sur le "pessimisme", le "désespoir", le "découragement" et autres balivernes. Un de ces quatre, je ferai l'anatomie de ces réflexes de pensée portés par des dualités d'entendement abstrait inaptes à rendre compte de l'expérience. Disons seulement d'un mot ici que tant que l'horreur ne sera pas vue et nommée pour ce qu'elle est, aucune action d'aucune sorte ne sera significative ni possible. S'il ne se passe rien, c'est justement pour cette raison : la mesure du cataclysme n'a pas été prise. Rien de décourageant ou de désespérant là-dedans. Sauf pour les lâches. Seulement la boucle ancestrale qui lie notre esprit à la vérité, et de là, à l'agir. Notre légende est à cette condition.
Et jamais, de mémoire d'homme, elle n'a fait un sourire.

PS 2 : ma présence sur les réseaux est un poème de ruses.


PS 3 : ce texte est agréable à lire avec Davidian en fond sonore.



  *               *                 *



"Entre Breivik et la blague".

Starring :

 Pape François



Starring : Toufik Doctorant et son jeune fils :



Starring : quelqu'un d'engagé 


Starring : Prodigy and my... 





vendredi 14 juillet 2017

14 juillet 2017 : il y a un an, à Nice...

 GTA Nice djihâd-édition

(Article initialement paru sur Polemia)

A l’heure où la France entière se transmue en un GTA Nice djihâd-édition, où les débris humains d’enfants jonchent les rues, où l’actualité devient un torture-porn dont vous êtes tantôt le voyeur complaisant et tantôt la proie apeurée, nous savons bien qu’il n’y a rien à attendre de nos institutions traîtresses. Ce sont elles qui ont favorisé, par leur folle politique migratoire et leur humanisme abstrait, les conditions de possibilité d’une submersion démographique qui n’est que l’autre nom de ce que les historiens de l’an 3000 appelleront sans doute la colonisation arabe du continent européen. Dans cette invasion, c’est Raqqa qui recrute certes, mais ce sont Paris et Berlin qui donnent les visas et les allocations. C’est l’E.I qui menace chacun au nom d’Allah, mais c’est bien Bruxelles qui promet l’asile à tous au nom de l’Homme. Le fanatisme mahométan et le progressisme technocratique fonctionnent en contrepoint parce qu’ils sont chacun idolâtres, l’un d’un Dieu inhumain, l’autre d’un homme qui se rêve en parodie de Dieu. Rien à attendre donc de ces androïdes interchangeables, Hollande, Valls, Sarkozy, Merkel, Juncker qui ânonnent du matin au soir leurs considérations techno-humanisto-économiques sur les « plans de relance », les « taux d’intérêt », les « lois cadres », l’« émancipation des individus » et les « points de croissance ». Chômage, tri sélectif, lutte contre les discriminations, empreinte carbone, pardon ? « Excusez-moi je vous entends mal, il y a un trente-six-tonnes qui passe à côté… » Ces élites sans culture ni génie ne sont que les agents de maintenance du désastre, les complices objectifs de la disparition de notre civilisation. Elles ne tiennent pas le couteau certes. Elles aiguisent la lame et vérifient que sa longueur et son matériau sont bien conformes aux normes écologiques européennes. Leurs complaintes post-attentat ressemblent aux rires enregistrés d’une sitcom.
De ce point de vue-là le crime de guerre de Nice ne présente aucun caractère original. Il était parfaitement prévisible (et d’ailleurs était prévu), tout comme les réactions qui s’ensuivirent : énième appel à l’unité républicaine, énième incantation grotesque de « valeurs » dont personne ne se met jamais en peine de déterminer le contenu, bougies, peluches, crayons, ballons et marche blanche, énième procédure médiatique d’occultation des traits les plus dérangeants du crime, énièmes pleurnicheries obscènes de hyènes qui trouvent le moyen comme Bernard Cazeneuve (samedi 16 juillet) de vanter la valeur de leur « bilan » quand, dans tout autre pays, l’intéressé se serait déjà tranché les veines de honte ou aurait, au moins (ce qui vaut bien un réel suicide pour des individus aussi ivres de puissance), démissionné. Le bal des innocents recommence. La ronde des justifications ineptes aussi. Apprenant que l’individu Mohamed Bouhlel s’était « récemment radicalisé », que « ses liens avec l’E.I ne sont pas établis », qu’il n’était « pas musulman pratiquant », qu’il « vivait mal son divorce », et que les institutions ne pouvaient malheureusement pas anticiper son acte, nous sommes désormais heureux de savoir que tous les Français sans exception sont donc, de l’aveu même de l’Etat, des terroristes en puissance et qu’un carnage n’est somme toute qu’un drame de la vie conjugale.
Mais nous sommes habitués à ces obscénités intellectuelles.
Sous le soleil idiot du progressisme pleureur, rien de nouveau.

La politesse tue

L’inédit est peut-être ailleurs. Il tient dans l’hébétude proprement inouïe de la population française de souche, celle qui est la gardienne historique de l’identité de notre nation. Le fait qu’il n’y ait eu aucune réaction populaire d’envergure, aucun soulèvement, pacifique ou non, pour demander immédiatement des comptes à ce gouvernement de traîtres, pour investir telle ou telle cité que l’on sait être pourrie jusqu’à l’os par le salafisme et les trafics mafieux, terreaux monstrueux donnant naissance à ces djihadistes hors-sol qui nous frappent, qu’il n’y ait eu aucune opération de représailles contre ceux qui ont favorisé cette situation, ceux d’en-haut comme ceux d’en bas, est le symptôme calamiteux d’un défaut de force vive, d’un abandon torpide à l’invasion, d’un consentement, il faut bien le dire, à la disparition de la nation française. A Nice, des enfants ont été pulvérisés. Le djihadisme tue, la politesse aussi. Et si le premier est ignoble, la seconde, soumise au premier, est honteuse. Comme le notait récemment Renaud Camus, l’ironie terrible est que notre époque, incapable de produire aucun art, aucune pensée, aucune spiritualité authentique, aucune chose remarquable qui donne son prix à la vie des peuples, ne conserve de l’exigence de la civilisation que ce qui lui interdit précisément de la protéger. La dernière forme prise par l’esprit européen est en effet, dans une volte insensée, cela même qui rend impossible qu’il se défende contre les forces qui veulent son anéantissement. Ce qui nous reste du Jardin d’Academos, de la cultura animi des Tusculanes et du De Trinitate, c’est le privilège précieux de nous faire massacrer par le premier salafiste venu auquel nous aurons préalablement permis de construire sa mosquée, de faire douze enfants, de mettre sa femme sous un éteignoir, d’envoyer tout son argent à un pays étranger et de vivre sur le dos de notre système de protection sociale. Le djihadisme est barbare c’est entendu – un peuple qui ne conserve de sa vérité profonde que les outils pour se détruire lui-même, qui utilise les moyens de la civilisation contre les fins de la civilisation ne l’est pas moins. Notre xénophilie et notre alterolâtrie ne sont que des modulations de la haine de soi et les miroirs de la haine que les islamistes nous vouent. Si l’on ne pouvait pas être surpris qu’après le massacre de Nice, nos élites continuent de répéter mécaniquement les mêmes mantras déculpabilisants, l’on peut toutefois s’étonner que le peuple, lui, n’ait pas eu le ressort pour engager le moindre mouvement de révolte ou même, modeste, de simple contestation des institutions ayant rendu réellement possible un tel carnage.

Le peuple et les généraux

Au fond, c’est l’esprit déconstructionniste de 68 qui a gagné la partie et les Lumières qui continuent de propager jusqu’à la folie contradictoire leurs dernières lueurs : quand des peuples entiers nous envahissent et nous tuent, nous voyons des personnes qui migrent et des cas psychiatriques (l’éternel retour médiatique du « déséquilibré » l’atteste). Du côté de nos persécuteurs la chose est pourtant entendue : ils se savent appartenir à des communautés religieuses, morales et ethniques qui transcendent leur particularité là où nous pensons qu’une communauté, quelle qu’elle soit, résulte de l’addition de particularités. C’est le concept même de « peuple » comme condition déterminante de l’advenue des personnes qui est devenu inintelligible au plus grand nombre. Mais de la même façon qu’on ne peut pas combattre une abstraction universelle comme le « terrorisme » (autant déclarer la guerre à la mélancolie ou faire l’amour à la tristesse), on ne peut pas non plus faire la guerre à des singularités comme des « individus ». Encore une évidence systématiquement désapprise à nos compatriotes : il n’y a de guerre que contre des généraux… Si on fait la guerre, c’est qu’on assume de considérer les personnes comme les émanations d’un « groupe » dont elles sont les instances ponctuelles et relatives, bref, qu’on assume, le temps du combat, de les priver de leur spécificité personnelle, ce qui ne les déshumanise que pour autant que l’on rêve niaisement que l’humanité tient tout entière dans la subjectivité personnelle et non pas aussi, toujours, dans les cadres objectifs, naturels et culturellement appropriés, d’apparition de cette subjectivité. Quel pilote de l’armée enverrait la moindre bombe s’il pensait qu’il va tuer des « personnes » au sens strict ? Quel fantassin tirerait si, avant de voir l’uniforme ennemi, il voyait les yeux de celui qui le porte ? Quel douanier empêcherait une famille de franchir une frontière s’il pensait sérieusement à l’eccéité insubstituable de chacun de ses membres ? Nous autres Français, figurants de cet ignoble GTA Nice où un Momo standard comme-vous-et-moi conduit le camion, nous en sommes là, nous sommes ces douaniers fous, ces pilotes de chasse sentimentaux : avant même que de penser à bondir pour échapper au 36 tonnes qui nous fonce dessus, nous imaginons que nous regardons droit dans les yeux de son conducteur et que derrière ces yeux il y a peut-être le cœur qui bat d’un brave type. Et quand bien même il tuerait nos enfants devant nous (ce qui est le cas), nous reconnaissons en lui quelqu’un là où, si nous voulions survivre, il faudrait détruire un pur et simple ennemi. Combien il faut ignorer pour agir, disait Valéry… Nous périssons aujourd’hui de faire mine de ne pas ignorer l’humanité potentielle de ces êtres qui pourtant, en acte, se conduisent comme des monstres. La dialectique grinçante de la situation est d’ailleurs ici : c’est qu’agissant de la sorte, non seulement nous nous comportons nous-mêmes en monstres, mais qu’en plus nous ne faisons preuve d’aucun respect vis-à-vis de ces criminels que nous voudrions, contre eux-mêmes, sauver d’eux-mêmes… L’authentique humanisme face à des hommes qui sont prêts à écraser des enfants avec un camion c’est une balle de neuf millimètres, pas une cellule de neuf mètres carrés.
Il est donc inutile et presque obscène de blâmer les « Français de papier » qui méprisent ce pays si nous ne sommes que des Français de papier-mâché qui l’aiment si peu qu’ils n’osent le défendre. L’avenir dira si nous ne sommes que les dernières feuilles mortes éparpillées d’un arbre, qui n’est peut-être en effet plus qu’une simple souche.

Le mauvais rôle

L’absence coupable de réactions après l’horreur de Nice signifie donc la chose suivante : non que les djihadistes ont gagné, mais que nos élites déviantes ont gagné. Elles peuvent être fières, elles ont si bien neutralisé les défenses morales du peuple, brisé son instinct de survie, son sens de l’enracinement, terrestre comme céleste, qu’il se vit désormais comme un agrégat hasardeux d’individus prêts à endurer n’importe quoi. Que dire d’un homme qui laisse sans réagir ses enfants se faire démembrer ? Nous savons tous qu’il ne mérite que des crachats. Au lendemain de ce 14 juillet 2016, le peuple français est mort, non de peur, mais de la version niaise et débilitante de l’amour, la grimace d’une charité de belle âme qui se croit noble de laisser croître en son sein une vilénie qu’elle ne fait strictement rien pour combattre, parce qu’elle redoute de se salir les mains. A ce rythme-là, dans vingt ans, ce territoire sans âme qui laisse ses enfants mourir sera un pays musulman comme les autres. Et nous aurons alors le dernier droit que le vainqueur de la guerre laisse à son opposant défait, le dernier droit de l’homme qui est aussi le premier droit des animaux : celui de devenir esclave. L’on verra alors si l’explication par le drame conjugal sera toujours d’actualité.
Il est désormais vain de croire que la France puisse survivre, elle est morte avec ces enfants déshonorés. Il ne fait sens que d’espérer qu’un jour elle renaisse. Mais ce ne pourra être qu’à la condition que ce qui reste du peuple historique fasse décisivement sécession d’avec les institutions qui ont usurpé son nom et surtout, qu’il cesse de craindre d’avoir le mauvais rôle.
Parce que par lâcheté il a trop longtemps attendu, c’est, de toute manière, le seul qui lui reste.
Ulysse
18/07/2016

vendredi 7 juillet 2017

7 juillet 2017 : "J'ai dû mal comprendre..." par Wilfried Van Liempd, compagnon d'exil.

Radio-prise de head.
Deux mille huit-cent clandestins "évacués" pour la 34ème opération de ce type à Paris.
Le préfet, pantin de l'organisation du chaos, se réjouit de "l'humanité" du traitement réservé aux envahisseurs faibles. La mairie de la ville clignotante (elle n'est pas lumière, les soirs d'attentats) en appelle à la répartition sur le territoire et évidemment pas au contrôle de la frontière, qui n'a d'ailleurs jamais existé. France terre d'asile hurle à l'inutilité de l'action de police et demande plus de moyens d'accueil. Bien évidemment aucun détracteur de l'immigration n'est invité, aucune voix discordante, pas la moindre nuance poloniesque pour donner le change.
Renaud qui ? Laurent comment ? Jean Yves lequel ? Pas de nazi à l'antenne ! Malheureux ! Pas de constat, pas de solution, pas de proposition.
Pas même l'avis d'un patriote mou.
Vouloir une solution c'est être Hitler.
Vouloir même, c'est être Hitler.
Subir est la seule option valable.
D'ailleurs, même le préfet subit. Alors toi, Lambda, qui crois-tu être pour vouloir mieux que ce que ton élite facilite ?
D'ailleurs, "les Français ont voté" il te dit Barouin. Il est pas constructif, Barouin, mais il subit, lui aussi, à dix-mille euros par mois certes.
"Jawad, qui vient de Kaboul, dort avec les rats".
Quelle chance il a de vivre avec les siens !
J'ai dû mal comprendre.
"L'enquête progresse sur la soirée de soutien à Macron de Las Vegas." Vous voyez, vous êtes en démocratie, la justice veille, la fourniture des petits fours normés iso470A doit faire l'objet d'un appel d'offre, même de l'autre côté de l'Atlantique. C'est la démocratie à la scandinave le modèle, viols et invasion compris, toutes options.
Me voilà rassuré, je vais aller faire mes rappels de vaccins, je vois de plus en plus de noirs dans les rues, les effets doivent s'estomper.
"Tour de France, passage dans le vignoble, quel impact a le réchauffement climatique sur le vin ?"
"Bernard Hinault, que pensez vous du coup de coude de Zidane le sprinter sur l'autre là, le Virenque ?"
Trop injuste, ce gars exclu du tour ? Ça c'est une question importante, méritant des experts et des débats, un rappel chaque demi-heure.
Des gens en prison pour raison politique ? En Europe ? Jamais entendu parler.
Pourtant je me tiens informé. Bizarre.
Je devrais peut-être prendre un complément alimentaire pour la mémoire. Est-ce remboursé pour les sur-cotisants ? Sans doute pas.
Deux heures de France Info plus tard, cette sensation de vivre un mélange subtil de dictature et de fin de notre monde prend de plus en plus sens, en même temps que les rues de Paris des -encore- beaux quartiers voient s'animer les zombies cosmopolites, smartphones greffés à leurs échines courbées.

mercredi 5 juillet 2017

lundi 26 juin 2017

27 juin : ATTENTIFS, ENSEMBLE



27 juin 2017 : ATTENTIFS, ENSEMBLE
        

         Compagnon...

         Tu viens de renouveler ton abonnement à la borne automatique. La machine te remercie pour les centaines d'euros que tu viens de lui foutre dans la caisse. Ton abonnement couvre quatre zones. C'est beaucoup. C'est un abonnement SANS LIMITES pour voyager quand tu veux dans la plus belle ville du monde.
Ouais. Made for sharing. Together. Forever. More than ever même. P'tit signe de pédé avec les doigts.  
Enfin bon, un truc comme ça. Tu pivotes, ça y est, tu peux voir large maintenant. Couloirs jaune-sale, lumière dorée, reflets d'urine - la grosse Rom accroupie t'envoie un "siiiiiivouuuupléééé Monsieur" pleurnicheur. Elle crache par terre une fois que t'es passé. On sait pas trop si elle joue la comédie ou si elle est vraiment malade avec sa jambe toute bandée. Aucune importance. T'avances. Deux, trois coudes. Nouveaux couloirs. Un groupe de Jean-Karim-Recherches-en-Anthropologie qui passe en sens contraire. Juste avant l'escalier, sans raison, ils prennent toute la place, comme un filet de pêche. Tu glisses sur ta droite pour éviter l'un d'entre eux. Epaules qui se frôlent. Ça picote mais ça va trop vite pour une embrouille. T'avances encore.
         T'approches du portique.
         Tu passes ton badge avec un logo en forme de coquillage violet -plage, vacances, toussa- le truc fait un petit bruit d'avertisseur choupi, comme si tu rentrais dans une bulle toute rose. Tu l'avais pas vu, mais un gitan cradingue à veste de charpentier te pousse dans le dos pour passer avec toi. A côté, un type à l'allure de basketteur grimpe en même temps sur les portes en verre armé. La pale se coince, t'es obligé de forcer avec l'autre mec dans ton dos. Vous avez l'air de deux tantes prises dans un piège - et t'es du mauvais côté. T'insistes. Le portillon fait un bruit de jambe qui se pète. Allez on s'en fout. Ça passe. De l'autre côté le gitan te glisse un "merci mani" en te tapant sur l'épaule. Magic Johnson, lui, est déjà loin. On entend seulement son enceinte bluetooth qui continue de crachoter du rap en semi-arabe qui rêve de Floride au bout du couloir.
         Nouvel escalier, descente.
         Descente.
         Descente, ouais compagnon. Tout à coup, ça se met à gueuler          sans raison.
         ! ATTENTIFS ENSEMBLE !
         ! ATTENTIFS !
         ! ATTENTIFS !
         ! A..... TEEENNN... TIIIIIFFFFFSSS !
         Le mot se perd. L'enregistrement déraille. Il y a pas de suite.
         T'arrives vers le quai n°7. Encore une cinquantaine de marches. Tu dépasses une Djamila-connectée vulgairement bonnasse a l'air pas trop rassuré ; grimace figée d'oisillon sur la tronche genre "tout me dégoûte, choquée", mais ça va. Elle branle son olismobile comme toutes les meufs que t'a déjà croisées. Il est pas tard de toute manière. A cette heure là, tout ce qu'on risque, c'est une grosse nausée ou une vraie gerbe.
Mais pas encore le viol collectif au milieu de la rame.
Attentive ?
Attentive aussi ?

         Quai bondé. Noichis minuscules en mode touriste - l'air de lémuriens jetés sous des projecteurs. Comoriens qui découpent des pastèques pour les vendre par quarts. Noirs en costards avec mallette des années 80, l'air inexplicablement fier. Sérieux, droits dans cette merde. Ça clignote en jaune au-dessus de ta tête. Trois minutes d'attente. Tu t'assois. Tiens, il y a un pote de Magic Johnson qui est déjà là, à côté de la borne à friandises. C'EST TOUJOURS L'HEURE D'UNE PAUSE KIT-KAT. Lunettes noires et petit sac bandoulière racaillou Vuitton-falsh à 12E, il vient d'éclater un trois feuilles et lâche des nuages juste dans ta gueule quand tu passes. Made for sharing aussi. C'est rien. Bientôt rentré. Bientôt chez toi. Bientôt tout seul. T'as aussi une espèce de clodo cramoisi qui s'est calé derrière les sièges, incrusté dans le décor. On voit seulement sa tête qui émerge, entre l'émail sali des murs, des morceaux de carton Carrefour Market et la grande affiche pour ce distributeur qui accompagne, en leur faisant de super promo, "tous ses clients pendant le Ramadan"...
         Déjà 18h 15. Mais ça gueule pas trop pour un vendredi soir. Nouveau nuage de White Widow de ton voisin. T'esquives, le trom est déjà là de toute façon. On voit ses yeux jaunes qui avancent dans le tunnel. Et aussi quelques rats qui courent se planquer dans les coins. OK. Slalom entre Mamadou Sérieux et Djamila connectées. Dernier wagon. Michael Jordan a décidé de finir son cône sur le quai. Tant mieux. Avec la chaleur, ça pue déjà assez comme ça. Ouverture. Les mecs autour de toi pressent pour rentrer avant que quiconque ait pu sortir. Ça barjaque deux secondes un peu sèchement mais ça se tasse. Ça y est, c'est bon.
Calé. Coincé. Niqué.
Attentif quoi. Ensemble.
La fille voilée juste devant toi te rappelle un truc... Peut-être le visage d'une femme flic dans une série ricaine. Ou une ancienne Miss France. Ou Miss Helsinki. Tu sais plus. Encore trois stations. A côté de toi, un vieil arabe barbe de trois jours avec un keffieh qui tripote un truc dans sa main tout en marmonnant. Une espèce de chapelet. Station. Ouverture des portes. Des Tziganes rentrent en poussant tout le monde. Accordéon et violon. Le cauchemar prend une toute nouvelle couleur. Avec la chaleur, les notes empressées semblent des rafales de vomi qui t'arriveraient directement dans la tronche. Le vieux Nadir du désert craque, tu peux le sentir. Ça s'arrête vite. Même les Tziganes n'y croient plus. Ils quittent le wagon juste après sans faire la quête. T'arrives à destination compagnon.
Quand tu veux sortir, un indien à moustache d'un mètre quarante est en train de gueuler contre sa femme qui baisse la tête dans son sari ocre-rouge. Tu traverses le quai. Escaliers, couloirs, escaliers. Nouveau banc de Jean-Karim. Nouveau filet. Attentifs, ensemble. Attentif... Esquive.
Couloirs, coudes. T'aperçois un bout de ciel. Une autre rom fait la manche juste avant la sortie. Très jeune cette fois-ci, très belle, pas malade. Avec un gosse sous le bras. "Sivvvvvvouplééééé Monsieur." Je suis navré Mademoiselle, j'ai trop claqué en Made for sharing. Je peux rien pour vous. Vraiment désolé.
         Trottoir. Air libre. Ciel industriel violacé. Mais c'est bizarre. Tu sens un truc sur tes pieds. Qu'est-ce que... ?
Putain, c'est de la flotte.
T'en as plein tes pompes. Il y a une putain de rivière sur le trottoir. On ne voit même plus la chaussée. Plus loin, tu peux voir un cercle de types autour d'une borne à incendie qu'ils viennent de fracasser. Ça fait une sorte de piscine publique. Enfin, seulement pour eux. A la fraîche khoya.
T'esquives la rivière, et la borne, et la horde.
3, 4, 500 mètres. L'épicier d'en bas vient de rouvrir. Rupture du jeûne. Wesh ! Hamdoullah, moi ça va, Amine. C'est l'heure maintenant. Il y a du monde qui rentre dans la boutique crasseuse. Une odeur de thé à la menthe, inexplicablement agréable, cherche sa place dans le tableau. Elle va vite se cacher quand arrive l'odeur d'agneau brûlé qui sort de la fenêtre un peu plus loin.
Presqu'arrivé. Presque chez toi. Presque tranquille.
Taxiphone Service. Attroupement habituel. Illimité vers Dakar mon ami. Illimité. Comme pour la plus belle ville du monde. Ça pulse bien à l'entrée. Tu reconnais Diakatou qui rentre dans la boutique. Elle te fait un petit signe poli. C'est une pute à 30E. Tu le sais bien parce qu'elle vit au-dessus de chez toi compagnon. Avec son frère, ou son père, tu sais pas. Dans les combles en tous cas.
Comme toi, elle habite non loin de la Nécropole des Rois de France. C'est-à-dire dans le Neuf-Trois. Pardon, dans le 80 ZEUTREI.
OK.
Destination.
5ème sans ascenseur. Clef dans la serrure. Ca pue aussi chez toi, parce que t'as tout laissé fermé pour que la chaleur ne s'infiltre pas trop.
Tu vires ton hoodie qui t'a bien fait passer inaperçu.
Tu te cales dans ton fauteuil et t'allumes une clope. La chaleur s'évacue un peu. La crasse du dehors n'a peut-être pas encore tout gagné. Pas ton esprit en tous cas. Pas complètement.

Télécommande. Penser à autre chose. Ici, au moins, t'es chez toi. Tu n'es pas de trop.
Informations. Le chroniqueur trépigne. Visiblement on lui a dit un truc qui lui a pas plu. Au début tu vois pas de quoi il parle, mais il lève la voix et sa malédiction déferle dans ton salon. Tu comprends alors que tu t'es trompé.
Quelque chose a merdé.
Ces gueules partout. Ce sont de nouveaux blasons. Et c'est trop tard pour la discussion polie. Si tout se passe bien, ce sera horrible. Et si ça se passe mal, ce sera sans nom.
C'est sûr, tes potes et toi, vous n'avez sûrement pas été assez
ATTENTIFS

ENSEMBLE.

"La députée nouvellement élue de La France insoumise, Danièle Obono, s'est vue rappeler à la radio une pétition de 2012 où elle défendait la liberté d'un artiste à chanter «Nique la France».
Et alors ?
Elle n'avait pas le droit de défendre la liberté d'expression peut-être ? Est-ce parce qu'elle est NOIRE qu'elle est la seule des signataires à s'être ainsi fait sermonner ?
Et pourquoi lui intimer l'ordre de dire "Vive la France" ?
Parce qu'elle est d'origine africaine ?
Elle l'aimerait moins que vous peut-être la France ?
Moins que vous ?
Moi, je vais vous le dire franchement.
Votre réflexe Monsieur,
c'est un réflexe typique d'un

SALE CON DE BLANC."



*                 *                 *


ATTENTIFS ENSEMBLE

Starring :

Danièle Obono et ses soutiens :




Co-Starring, Danielle Simonnet :


Also Starring, Libération : 









Special Thanks to Mairie de Paris and 80 ZEUTREI :



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